vendredi 13 août 2010

Men on the roofs


Bon. Alors. Comment vous dire. Aujourd'hui, trop marché, et trop bu vu ce que j'avais marché.
Mes neurones ont fondu. Même colmatée au pain de mie, j'ai le cerveau pâteux et les doigts gourds.
Autant de prétextes pour justifier le manque d'épaisseur de cette chronique, qui ressemblera plutôt à une photo légende,sur un sujet plus très frais, mais tant pis.
Depuis le mois de mars à New York, des hommes tentent de sauter du haut des immeubles, dans le secteur de la 5e avenue, entre le Flatiron et l'Empire State building.
Je vous rassure, il s'agit de statues, mais l'effet est saisissant. D'ailleurs lors des premières installations, le 911 (numéro d'urgence) a reçu des appels de citoyens affolés indiquant la position de ces suicidaires métalliques commis par l'artiste Antony Gormley. En tout, 31 statues ont été mises en place, sur les trottoirs ou en hauteur. Et seront enlevées à partir du 15 août. Désolée...

mercredi 11 août 2010

Rats in my head



Il fallait bien une moche journée pendant ce séjour. Elle est arrivée. Fatigue intense, début de migraine, tête vide, un coup de soleil en trop j’imagine… Mais je ne suis pas là pour vous raconter ma vie et comme on dit certainement à Brodway, "show must go on".

Mon New York à moi vit surtout la journée. Dans ce New York diurne écrasé par la chaleur vivent mes amis les écureuils. Le « squirrel » d’ici n’est pas roux mais gris. Et à l’inverse de son cousin européen craintif et discret, il a visiblement totalement intégré l’être humain dans son environnement. A Central Park bien sûr, mais aussi dans n’importe quel endroit pourvu d’arbres, il vaque à ses occupations, sans prendre ombrage des tentatives d’approche des touristes, ravis de pouvoir le photographier sous le museau.
Les New Yorkais, eux, sont attentifs à un autre rongeur, plus « underground » : le rat.
Le nombre de rats dans la ville est une réelle préoccupation pour les autorités, qui doivent bien sûr assurer la salubrité publique. Le sujet est aussi vieux que la ville elle-même. New York voit rat, pense rat et même, contruit rat. Sur le Graybar Building, une des entrées de Grand Central, trois rongeurs métalliques montent à l’assaut de tiges symbolisant des amarres de bateaux ; les rosaces un peu plus haut représentent aussi des têtes de rats.
Sur les poubelles, des messages incitent à utiliser correctement les containers pour éviter d’attirer ces nuisibles ; dans les parcs, des panneaux rappellent que nourrir les pigeons, c’est aussi nourrir les rats. Et depuis quelques jours, le sénateur de l’Etat de New York, Bill Perkins, fait distribuer des fiches demandant «Have you seen a rat today ?»(*). Elles concernent d'ailleurs le nord de Manhattan, à partir de Harlem.
Côté statistiques, c’est le flou total. Je n’ai pas réussi à vous trouver un chiffre certifié. La légende urbaine veut qu’il y ait autant de rats que d’habitants à New York, soit environ 10 millions. Mais certaines estimations parlent de… 96 millions ! A l’inverse, d’autres évoquent une population autour de 256 000 individus. De quoi glacer le sang, surtout si on commence à se demander où est tapie cette masse grouillante.
Car en ce qui me concerne, je n’ai -pour l’instant- croisé que quelques spécimens de taille tout à fait normale dans le métro, exclusivement en contrebas, sur les voies. Ni plus ni moins que dans un autre métro d’une autre grande ville. Cela dit, j’avoue ne pas avoir erré en pleine nuit dans les parcs et les rues situées à l’arrière des restaurants !
Je confesse donc n'être encore, pour l'instant, qu'une vulgaire touriste, pour qui New York est de façon évidente...la ville des écureuils.

(*)Photo du formulaire Joe Schumacher.
PS : pour ceux que ça intéresse (et ils ont bien raison), deux ouvrages de Robert Sullivan, disponibles sur amazon.fr. Le premier en anglais : "Rats - A Year with New York's Most Unwanted Inhabitants" publié en 2006 ; le second en français, co-écrit avec Catherine Laléchère : "Rats : une autre histoire de New York", paru en 2009 en format poche (Payot).

lundi 9 août 2010

Do you speak globish ?


Un mois à New York. Plein les yeux, plein les pieds aussi. Un début de routine, métro Uptown et Downtown, le salut de quelques voisins et commerçants du quartier quand je vais acheter le journal ou mes pancakes préférés.
Et une impression qui s'affirme de jour en jour : personne ne parle anglais ici. En tout cas, personne ne parle le même anglais. Mais tout le monde finit par se comprendre, ce qui tombe plutôt bien quand on possède comme moi trois mots de vocabulaire. A ce rythme-là, je parlerai moins bien anglais en rentrant que quand je suis partie. Mais je deviens forte en "globish", ou "global english", une sorte de sabir composé des mots de base et de quelques expressions idiomatiques.
Pour vous donner un exemple de mes progrès flagrants, en arrivant, dans la rue je demandais : "Excuse-me, can you tell me which side is the Hudson river, please ?" (pour les encore plus nuls que moi, ça devrait vouloir dire : "Excusez-moi, de quel côté est l'Hudson river s'il vous plaît?")
Ce à quoi on me répondait : " This way" ou " On the right" ou "Straight away".
Sur ce, j'enchaînais par un " Thank you" débordant de gratitude. Et mon interlocuteur (trice) terminait par " You're welcome".

Aujourd'hui, ça donne :
" Euh... Hudson river ?
- This way
-Thanks
- You're welcome"
Vous aurez noté l'appauvrissement pathétique de mes répliques, et la présence récurrente du " You're welcome". Ce "pas de quoi", ou "de rien" est indispensable pour se faire bien voir ici. D'ailleurs voici une des conversations-type que je maîtrise le mieux :
" Excuse-me...
- Sorry !
- You're welcome"

Encore plus court:
" Oh sorry !
-You're welcome"

Partant du principe que les New Yorkais viennent de tous les pays du monde et que même un gars du Bronx ne comprend pas forcément ce que dit un gars de Staten Island, la stratégie de survie consiste, à mon niveau, à repérer les mots-clefs dans la bouillie souvent exotique que me sert la personne en face. Exemples :

- " Doyawennwoswabagfjodself?" à la caisse d'un magasin signifie certainement qu'on vous propose un sac pour mettre vos affaires.

- "Doyawanaséprette?" avec mouvement de main peut vouloir dire, si vous êtes plusieurs à passer à la caisse, " est-ce que vous voulez des notes séparées?". Si vous êtes seul, aucune idée...

- "Ariouvuoipjweanmemberanitcardrouglown?" Toujours à la caisse,on vous demande si vous avez une carte de membre du magasin ; c'est bon signe, vous commencez à vous fondre dans le décor.

- "Américanechédasouissebloutchise?" Facile ! Vous êtes en train de commander un plat typique dans un restaurant-enfin, un burger dans un fast-food quoi- et le serveur vous demande QUEL FROMAGE vous voulez, dans un seul souffle : du plus insipide au plus fort en goût, american, cheddar, swiss (le plus proche du gruyère) ou blue cheese ("bleu" surement pas d'Auvergne).
En revanche j'ai encore quelques lacunes sur les "dressings", les sauces qu'on vous propose quand vous choisissez une salade. Au pif, prenez la blanche, c'est généralement à la crème et pas trop relevé.

Mais je pense que je serai au top quand je comprendrai les messages diffusés dans le métro le week-end. Car ici, le samedi et le dimanche, les rames du subway vivent leur vie sans s'occuper des passagers, s'arrêtent là où elles ne devraient pas, passent tout droit à l'arrêt principal ou empruntent carrément une autre ligne. Il y a des papiers affichés un peu partout pour signaler les changements mais ils sont totalement incompréhensibles. Alors, la différence se fait quand l'annonce survient. Il y a ceux qui, soudainement, se ruent hors du train. Et il y a les autres, pauvres touristes ou immigrés élevés au globish, qui hésitent entre suivre ceux qui savent et rester assis là, au cas où.
Il me reste trois semaines pour apprendre à bondir sur le quai...

dimanche 8 août 2010

Sounds of New York # 6

Après la caco-symphonie des cloches de la Highline, voici une vraie cacophonie, à laquelle vous ne couperez pas si vous allez faire un tour chez FAO Schwartz. Ce magasin de jouets fondé en 1862 doit être le plus vieux de la ville je crois. Il est installé sur la 5e avenue depuis 1931 et a failli disparaître en 2004.
A l'étage on trouve donc un clavier géant, sur lequel sautillent adultes et enfants à longueur de journée. La scène est peut-être vaguement familière à certains. Ce piano est devenu célèbre dans le monde entier grâce au film "Big", avec Tom Hanks, sorti en 1988. Mais l'interprétation de Hanks et de Robert Loggia était un peu plus harmonieuse... (lien sur la scène du film colonne de gauche)

vendredi 6 août 2010

Happy birthday mum ! ( Look at me, I’m famous)


Aujourd’hui c’est le 7 aout et c’est l’anniversaire de ma maman. Alors bon anniversaire ma maman, depuis un autre continent.
Pour partager avec toi ce jour spécial, je suis allée à Times Square, le Carrefour du Monde, fréquenté par tout le Monde, sauf par les New- Yorkais.
J’aurais pu te donner rendez-vous devant la webcam du magasin Friday’s, tu sais, je t’en ai déjà parlé, l’adresse internet est même dans les favoris sur votre ordinateur. Pour ceux qui ne connaissent pas, depuis quelques années, cette petite caméra avec vue sur Brodway et 46e rue a vu défiler des hordes de parents, d’enfants, de frères, de sœurs, de femmes, de maris, d’amants, de maîtresses, de potes et de meilleures amies, agitant les bras et envoyant des baisers à une personne en particulier, sous l’œil voyeur de la planète en général.
Mais c’était un peu compliqué, le décalage horaire ne jouait pas en notre faveur et je n’aurais pas su si tu étais de l’autre côté, devant l’écran.
Heureusement, Times Square hume les tendances et les expérimente aussitôt dans un flot toujours plus délirant de pixels.
En novembre 2009, la chaîne de vêtements American Eagle Outfitters s’est installée à la place de l’institutionnel dinner « Ho Jo », fermé depuis 2005. Elle s’est aussi dotée de la façade lumineuse a priori la plus importante du carrefour (1394 mètres carrés!), sans doute pour mieux attirer les touristes papillons.
Puis, pour les faire entrer et consommer, elle a trouvé une autre tactique, celle des « 15 secondes de gloire » : tout achat donne droit à un passage devant un photographe et à la composition d’une dédicace de quelques mots sur un ordinateur.
Mais on ne repart pas bêtement avec son tirage papier. Non, on ressort du magasin, on se pose en face et on attend. Quelques minutes plus tard, on se retrouve projeté au centre du Carrefour du Monde, immense sur la façade lumineuse, pour 15 secondes d’éternité.
Manque de bol, ce jour-là j’étais en noir et blanc, ce qui n’est pas génial sur un fond blanc et noir… Le message et le cœur y sont quand même, rien que pour toi ma maman. Et tous les flâneurs de Times Square. Et tous les lecteurs du blog.
Pour finir, je voulais signaler l’existence d’un autre écran pour Narcisses amateurs, toujours à Times Square et encore plus récent. C’est celui du magasin Forever 21 (toujours des vêtements) qui a ouvert fin juin 2010, à la place du Virgin terrassé par la crise. Cet écran-là retransmet en direct ce qui se passe de l’autre côté de la rue, grâce à une caméra planquée dans la façade. Et depuis quelques semaines, devant le très chic Marriott Marquis hotel, campe un troupeau de parents, d’enfants, de frères, de sœurs, de femmes, de maris, d’amants, de maitresses, de potes et de meilleures amies, agitant les bras et envoyant des baisers… à eux-mêmes.

PS : adresse de la webcam de Times Square dans la colonne de gauche

mercredi 4 août 2010

Stars and stripes



New York city a une propension assez incroyable à vouloir se souvenir. Dans le borough de Manhattan, les plaques et dalles commémoratives sont légion. On en trouve à l’entrée des églises, parce que la reine Elisabeth, le pape Jean-Paul II sont venus là. On en aperçoit sur les immeubles, parce qu’un artiste, un sportif, le bon docteur du quartier ont vécu là. On est cerné dans tous les monuments par des pans entiers de murs couverts des noms de généreux donateurs. On en a plein les yeux dans le hall du Madison Square Garden, dont le sol est formé d’une mosaïque d’ex-votos en tout genre. On est pris par l’émotion devant des centaines de cœurs en papier ou en céramique, de rubans ou de photos, accrochés sur une palissade au détour d’une rue, en hommage à un drame qui n’est pas forcément celui du 11 septembre. On s’attendrit à Central Park, devant les petites plaques métalliques apposées sur les bancs, aux messages parfois romantiques, parfois drôlatiques, souvent nostalgiques (7500 $ pour un banc de base, 25 000 $ pour un banc en bois rustique). On peut aussi avoir son pavé en granit ou en bronze à son nom, au bout de la grande allée du parc, si on fait un don pour sauver et entretenir les arbres (pour le granit, comptez 5000 à 25000 $, pour le bronze, 250000 $ et plus).

Sur les trottoirs, ces manifestations d’affection sont plus rares, mais elles existent. Los Angeles a son fameux «walk of fame ». New York, pour ce que j’en ai vu, a sa 135e rue, son Apollo Theater et son Canyon of heroes.
Les deux premiers sont – évidemment- situés à Harlem. Sur la 135e rue, entre la 8e et la 7e avenue, on croise de grandes figures du peuple noir, gravées dans le bronze : Malcom X, Marcus Garvey, David Dinkins… Devant l’Apollo, place au jazz et à la soul avec James Brown, Quincy Jones, Little Richard, Michael Jackson ou Aretha Franklin. Ma chère Ella a une plaque en chacun de ces deux lieux…
A la pointe de Manhattan, là ou débute Brodway, débute aussi le Canyon of heroes. Ici, point d’étoiles, mais de longues bandes inscrustées dans le ciment des trottoirs, rappelant tous les défilés donnés sur cette célébrissime avenue en l’honneur de personnalités aux profils variés. On y trouve pêle-mêle Charles Lindbergh, fêté le 13 juin 1927 pour son premier vol transatlantique en solitaire, le général Charles de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la France, honoré à coup de serpentins et de confettis le 27 août 1945, ou encore les Yankees, portés aux nues le 10 avril 1961 pour leur victoire dans l’American League.
Le devoir de mémoire semble couler dans les veines de New York. Peut-être est-ce parce que tout va si vite dans cette ville au passé à peine composé ?

PS : pour adopter un banc ou un arbre de Central Park, lien sur le site du parc, colonne de gauche...

lundi 2 août 2010

Old good food blues # 2


Hier... J'ai bu un vin rouge californien. Un cabernet sauvignon, intitulé sobrement "Good boy cabernet", de la maison "Les Compagnons". L'étiquette représentait tout aussi sobrement un doberman.
Hautement improbable. Mais pas mauvais.
Ca aurait été dommage après tous les efforts fournis pour trouver le breuvage. Car ici, l'alcool est absent des delis et supermarchés de quartiers. A Harlem, les boutiques de "liquors and spirits' ressemblent à des prisons pour bouteilles. Tout est installé derrière d'épais barreaux et c'est le vendeur, lui aussi derrière les barreaux, qui vous sert votre commande.
Mauvaise pioche pour la touriste que je suis et qui a préféré partir à la recherche d'une "vraie" boutique de vins. Ca existe à New York bien sûr, car tout existe à New York. Il suffit de savoir où. J'ai misé sur les secteurs chics/in/branchouilles/pleins d'argent. Bingo. Le doberman, je l'ai adopté dans le quartier de Wall Street. Presque 19 $ quand même. Brave bête.

Aujourd'hui...Dans le New York Post, j'ai découvert "Ronnie". "Ronnie" est un dealer de sandwiches. On le contacte par SMS pour la commande et il livre au coin des rues ; un billet contre un "grilled cheese", vite fait, hop hop hop, sous le manteau. Tout cela est totalement illégal car "Ronnie", qui ne s'appelle certainement pas "Ronnie", n'a aucune licence l'autorisant à mener cette activité. Sachant qu'on trouve des burgers partout dans la ville, les siens doivent vraiment être exceptionnels. C'est ce qu'affirment en tout cas les consommateurs accros interrogés, qui n'en reviennent pas du croustillant et de la saveur de ce sandwich de contrebande. Le journaliste ne donne pas de numéro où contacter "Ronnie", qui ne tient pas recruter des policiers dans sa clientèle. Dommage, je ne pourrai pas tester pour vous.

Demain... Je vais regarder "Man versus food" à la télé. Je ne sais pas si le concept débarquera un jour en France. D'ailleurs je ne sais pas s'il y a un concept là-dedans. Pour résumer, Adam Richman parcourt tous les bouis-bouis d'Amérique pour relever des défis du genre "avaler 18 hamburgers sauce piquante d'affilée" ou "engloutir trois seaux d'ailes de poulet sauce barbecue en moins de 15 minutes". Bref, l'Homme contre la Nourriture. Dans le resto, les gens l'encouragent, il sue, il roule des yeux, il s'étouffe, mais la plupart du temps il gagne. Heureusement il y a une certaine dose d'humour dans la forme, mais le fond m'échappe toujours complètement. Vous pouvez aller voir par vous-même sur le site de la chaîne, www.travelchannel.com (*)
Et après, priez pour moi.

(*)Lien dans la rubrique "Deux ou trois petites choses".
Une fois sur le site, cliquer dans l'onglet "shows", puis sélectionner "man vs food" puis video.