samedi 31 juillet 2010

Sounds of New York # 5

Victoire !
Même s'il manque les deux premières secondes, un petit bout de " A bell for every minute"...à la soixantième minute. Je ne sais pas si cette oeuvre est pérenne ou cédera la place dans quelques mois à une autre création sonore, mais là, vous entendez par exemple les cloches et tintements divers du City hall (la mairie), de Battery park, du Waterfront museum, de la Julliard school, de Union Square, de Central Park, de la Saint-Paul chapel...

Ring the bells or not ring the bells, that is the question



Aujourd'hui est un jour spécial pour au moins deux raisons. D'abord, parce que depuis que je suis arrivée, c'est la première fois que je dois mettre une chemise à manches longues pour prendre le petit-déjeuner dehors ! Si ma nouvelle colocataire fraîchement débarquée de la tout aussi fraîche France trouve qu'il fait bien assez chaud comme ça, j'avoue qu'après trois semaines de canicule, ces tout juste 23 degrés C du matin me paraissent un peu légers...
Mais surtout, ce samedi est LE samedi de Chelsea ! La fille des Clinton se marie en grandes pompes dans quelques heures, je vous en ai déjà parlé. Unes des journaux, reportages en boucle à la télé, c'est l'événement du jour dans l'Etat de New York. Je félicite les journalistes américains qui, avec les quatre uniques informations dont ils disposent (le budget, la styliste de la robe de mariée, le lieu et les noms de trois invités sur 500), tiennent l'antenne sans faiblir depuis des jours.
Pour apporter ma modeste contribution à cette journée parfaite, j'avais donc décidé de faire sonner les cloches de toute la ville en l'honneur des jeunes mariés. J'ai même fait une vidéo, qui aurait dû figurer ici. Mais les dieux de l'informatique en ont décidé autrement. Fichier trop lourd, impossible à charger, et pas moyen de couper les quelques secondes superflues, pour régler le problème. Je viens de passer deux heures sur la question et la réponse est : il n'y a pas de réponse.
Ce son que je vous livrerai (peut-être) demain constitue un vrai patrimoine immatériel. C'est une création installée depuis quelques mois sur la Highline. Cette ancienne voie ferrée aérienne le long de l'Hudson, en cours de réhabilitation depuis l'an dernier, devient LA promenade fleurie suspendue à la mode et propose sur son parcours plusieurs installations artistiques, dont celle du new-yorkais Stephen Vittiello.
Le concept de " A bell for every minute" est simple : l'artiste a enregistré les tintements de 59 cloches à travers tout New York, celles des églises, celles des écoles, celles des bateaux... A chaque minute un son retentit dans le grand hall gris aménagé sur la voie. A la soixantième minute, toutes les cloches sonnent de concert.
J'espère que vous pourrez profiter dans les heures qui suivent de cette joyeuse cacophonie...

vendredi 30 juillet 2010

Old good food blues # 1


Tandis que je me dilue dans d'innommables journées de fainéantise, je me demande si mon régime alimentaire ne serait pas la cause de cette soudaine apathie. Enfin, régime, façon de parler.
Depuis que je suis arrivée, j'ai déjà croisé une pizzéria casher qui proposait des pizzas aux pâtes et des pizzas aux frites. J'ai aussi déjeuné dans un "dinner" où on m'a apporté une grande carafe d'eau avec un morceau de concombre dedans. Ce n'était pas une négligence grossière de la part du cuisinier, c'est juste que comme ça vous buvez de l'eau parfumée au concombre. Bon.
La nourriture est à la fois partout et nulle part dans cette ville. C'est un rêve pour une gourmande comme moi. C'est un cauchemar pour une gourmette comme moi. Il est à peu près envisageable de manger correctement chez soi, après avoir acheté par exemple des tomates et de la fausse feta au coût exorbitant, avec du jambon qui a depuis longtemps oublié ses origines. En y mettant le prix on peut même s'offrir une french baguette à la saveur improbable, quand on n'en peut plus du pain de mie. En revanche je n'ai toujours pas trouvé de fromage blanc ou de faisselle.Si quelqu'un a une info à ce sujet, j'achète.
A l'extérieur c'est une autre histoire. Restaurants cosmopolites, "marchés" plus ou moins bios, delis plus ou moins achalandés, les aliments vous sautent au visage, les photos des plats vous montrent des monceaux de viande et de frites enduites de sauce brune luisante et sur toutes les cartes, le nombre de calories est indiqué, même pour un thé glacé. Ordre du maire de New-York. Cela permet de constater qu'il est très difficile d'absorber quelque chose en dessous de 700 calories dans cette ville. Ca vient peut-être aussi du fait qu'une portion, ici, équivaut quasiment à deux en France.
Maigre (?) consolation, j'ai découvert avec bonheur que mes pancakes favoris, ceux aux pépites de chocolat, étaient moins caloriques que la jolie salade composée de la page 2 au I Hop, la International House of pancakes, à trois rues de chez moi...

mercredi 28 juillet 2010

The Nothing day


Vous savez quel est le comble quand on est en vacances à New York ?
Ne rien faire. Voilà. C'est dit. Grasse mat', brunch devant la télé, bronzette et chaise longue dans le jardin. La statue de la liberté sera toujours là demain, l'expo Matisse au Moma aussi et aujourd'hui, j'avais mal aux pieds. Je voudrais bien vous y voir, vous, marcher des kilomètres tous les jours en pleine canicule. A un moment donné, une pause s'impose. J'aurais pu aller la faire à Brighton Beach mais quand on manque de courage, on ne se cogne pas une heure et demie de métro pour aller à la plage.
Les journaux disent que juillet 2010, avec (pour l'instant) 16 jours au-dessus de 90 degrés F, est le mois de juillet le plus chaud de tous les temps à New York. On en est à 81.8 degrés F de moyenne, du coup on bat le record de 1999, établi à 81.4 degrés F.
Alors j'assume. Même si depuis quelques jours, l'air est plus respirable, cette chronique sera sans doute la plus mollement creuse et inutile de toutes mes chroniques.
J'ai eu beau dépouiller les tabloïds du jour, rien à faire. Des scandales politiques, des faits divers sanglants, des décisions de justice... Côté baseball, les Mets ont battu les Cardinals de Saint-Louis 8 à 2, mais les Yankees se sont faits ramasser 4 à 1 par les Indians de Cleveland. Bon.
Hum.
Ah si, quand même. Il y a un sujet que les journaux populaires exploitent jusqu'à la trame.
Samedi, Chelsea Clinton se marie. Bah oui, je sais, en France on s'en fout mais ici, c'est la fille unique d'un ancien président et d'une actuelle secrétaire d'Etat. Et surtout, elle en a tellement fait pour rester discrète que ça promet d'être la cérémonie du siècle.
Selon les sources, 400 ou 500 invités (dont la célébrissime présentatrice TV Oprah Winfrey, Barbra Streisand ou encore Steven Spielberg) sont attendus samedi à Rhinebeck, une bourgade de 4000 âmes au nord de Manhattan. Les spéculations sur la robe de la mariée, qui devrait être une création de la styliste Vera Wang, alimentent les rubriques people. Et c'est à peu près tout. Ah non, j'oubliais le budget : 3.3 millions de dollars... Pour le reste, aucun détail ne filtre, le déroulement de ce "wedding day" est classé secret défense. Dans le Daily News, un habitant de Rhinebeck, ville définitivement placée sous contrôle, témoigne : " Ce mariage est tellement secret que même les gens qui sont censés être au courant ne sont pas au courant. Vous auriez plus de chance de découvrir qui a tué JFK."
Bon, on espère quand même que le fiancé, dont personne n'arrive à retenir le nom (pour info, c'est Marc Mezvinsky) a été prévenu...

PS : remerciement spécial à Malcolm, icône féline du Nothing day.

lundi 26 juillet 2010

Higher and higher




Manhattan est une île. La question pour une île, c'est de savoir comment faire tenir dessus des trucs, des choses et des machins, sans se retrouver les pieds dans l'eau à un moment donné.
En fait, les New-Yorkais ont solutionné le problème depuis longtemps. Ce qui ne tient pas l'horizontale est installé à la verticale.
Bon, là, vous me direz spontanément " gratte-ciels ". Et je répondrai oui. Mais pas que.
Imaginez que vous ayez une voiture à Manhattan et que vous vouliez aller jouer au golf.
Tout d'abord, c'est une très mauvaise idée d'avoir une voiture sur l'île ; le stationnement est hors de prix et les places sont rares le long des trottoirs, tous les bons guides touristiques vous le diront. Mais ils n'évoquent pas les parkings en hauteur. Attention, je ne parle pas des parkings à étages où on tournicote pour trouver une place. Je parle de voitures empilées en hauteur, en plein air, dans des sortes de palettes géantes.
J'ai observé ces ensembles improbables à plusieurs reprises dans divers secteurs de la ville, espérant voir apparaître le propriétaire de la Mercedes, celle tout au-dessus et au milieu du tas. Mais rien, pas un mouvement. Du coup, je reste sur ma faim. J'imagine que si le type de la Mercedes arrive, ce sont les employés du parking qui lui sortent sa voiture, en bougeant toutes les autres. Si quelqu'un a une autre explication plausible, je prends. En attendant, je ne désespère pas d'assister au spectacle d'ici la fin de mon séjour...
Si on part du principe que la Mercedes est à vous, le temps qu'elle arrive au sol après le déplacement de 125 autres véhicules, vous avez largement le temps d'aller soigner votre swing sur le quai 59, le long de l'Hudson. Ici, on est pas loin d'avoir les pieds dans l'eau pour de bon. La zone a été réaménagée, elle offre promenades, boutiques et activités sportives variées, comme ce golf...à étages. Je vous accorde qu'on n'y fait pas de parcours, on s'entraîne juste à taper dans la balle, sur quatre niveaux tout de même. Le quai est emballé dans un immense filet, lui-même protégé par un grillage et à travers toutes ces mailles, on aperçoit les joueurs, certains à plusieurs mètres de hauteur, balancer des pluies de balles de golf.
Et parfois un club. De rage peut-être ; parce que leur voiture est bloquée au milieu d'une palette géante ?

dimanche 25 juillet 2010

Sounds of New-York # 4



De pire en pire niveau qualité de l'image. Je me prends pour un paparazzi planqué derrière les rideaux... Mais il faut dire que ce son-là se fait de plus en plus rare à New York et que je courais après depuis plusieurs jours. Je remplacerai cette vidéo par une de meilleure facture dès que l'occasion se présentera.
C'est la petite musique des camions Mister Softee, les camions à glaces qui ont envahi l'Amérique à partir de 1956. Dans les séries télé, c'est généralement là que le jeune Billy disparaît, enlevé par un quelconque sadique, pendant que la mélodie tourne en boucle. Brrrr......
Bon, plus sérieusement, on croise toujours beaucoup de camions Mister Softee dans Manhattan, mais ils ne sont plus à la fête depuis quelques années. Apparemment, le maire de New-York, Michael Bloomberg, a demandé en 2005 à la compagnie de faire des efforts pour limiter les nuisances sonores dans les rues de la ville. Les camions pouvaient toujours musicoter (néologisme, oui, je sais), mais uniquement en roulant. Dans les faits, aujourd'hui, les Mister Softee de l'île sont muets comme des carpes, en mouvement ou pas. Sauf à Harlem, où la résistance s'est organisée, et c'est tant mieux.

Sounds of New-York # 3

Quand la ville gronde, ça peut venir des profondeurs. Le métro est l'antre de la bête qui sommeille dans le ventre de New-York. Et un rugissement n'annonce pas forcément l'arrivée d'une rame sur votre quai...

Avec mes excuses pour l'aspect lamentable de mes vidéos ; j'espère écrire mieux que je ne filme.